Prothèse de hanche en ambulatoire : sous conditions

Edito du 31/10/2014

La levée des contraintes administratives et les techniques mini-invasives permettent désormais d’envisager la mise en place d’une prothèse de hanche le matin et un retour au domicile le jour même. Mais cette sortie précoce ne peut se faire que si certaines conditions sont remplies.

La prothèse de hanche en ambulatoire est à la « Une » de l’actualité. En témoigne une veille dans Google effectuée début octobre 2014 avec le mot clé « prothèse de hanche ». Dans les premiers liens figurent deux informations en provenance des quotidiens régionaux. La première, dans Le Courrier Picard du 30 septembre est titrée : « se faire poser une prothèse de hanche le matin et remarcher le soir même ». La seconde, dans La Voix du Nord du 28 septembre évoque indirectement la hanche : « après la hanche en mai, c’est cette fois la pose d’une prothèse de genou en ambulatoire qui a été réussie la semaine dernière à la clinique du Cambrésis ».

A l’origine de cette « poussée médiatique », la suppression en mars 2014 de l’obligation de garder les patients au moins 4 nuits à l’hôpital après une intervention pour prothèse de hanche. Avant la suppression de cette obligation, l’établissement de soins était lourdement pénalisé financièrement en cas de sortie prématurée.

Les contraintes administratives supprimées, il restait à rendre possible sur le plan chirurgical la mise en place d’une prothèse de hanche en ambulatoire. La solution est venue des techniques mini-invasives, les moins traumatisantes et les moins douloureuses, ce qui rend les suites opératoires plus simples et la sortie précoce de l’opéré compatible avec son état de santé.

La chirurgie mini-invasive de hanche, dont les pionniers sont les chirurgiens français, se caractérise d’abord par la voie utilisée. L’accès de l’articulation par voie antérieure (Hueter) respecte les éléments anatomiques profonds et notamment les muscles et la région péri-articulaire. Par cette voie, les muscles sont simplement écartés et les tissus épargnés.

Cependant, il ne faut pas s’attendre à ce que la mise en place d’une prothèse de hanche en ambulatoire devienne la règle. Elle sera réservée aux patients jeunes, habitant à proximité de l’établissement de soins, ayant une bonne tonicité musculaire et indemnes de comorbidités. En réalité, la levée des contraintes administratives et la chirurgie mini-invasive de hanche rendent au chirurgien la liberté de décider ce qui est le mieux pour le patient qu’il vient d’opérer : 2, 3 ou 4 jours d’hôpital ou une sortie le soir même. Par ailleurs, il faut signaler que l’obligation de garder l’opéré hospitalisé (et cela pendant 6 jours) est maintenue pour les patients âgés de plus de 80 ans ou en cas de reprise de la prothèse.


Le Comité éditorial d’Arthrolink