Arthrose : mieux observer le « bouger plus »

Edito du 03/02/2015

L’activité physique est une composante majeure du traitement de l’arthrose. Elle est fortement recommandée par tous les thérapeutes. Deux publications récentes ont constaté que ces recommandations n’étaient observées que de façon très irrégulière et ne l’étaient que par une proportion « faible à modérée » de patients. Comment faire mieux ?

La revue générale publiée en 2012 fait le point sur les rapports gonarthrose-activité physique. Elle constate que malgré une forte incitation à pratiquer une activité physique pour limiter la progression de la maladie, l’observance de cette activité reste faible. La barrière que constituent les comorbidités participe à cette faiblesse.

La méta-analyse de 2013 concerne la gonarthrose (21 études) et la coxarthrose (11 études). Elle analyse 3 types d’exercices physiques : l’activité physique d’intensité modérée à forte, la même activité (mais fractionnée) et celle qui consiste à accomplir un minimum de pas dans la journée.
Cette méta-analyse n’a retrouvé qu’une proportion « faible à modérée » de patients observant les recommandations relatives à ces exercices.

Qu’elle concerne la prise de médicaments ou les conseils de « bouger plus » associés à un changement d’habitudes alimentaires, l’adhésion thérapeutique (qui est un meilleur terme que l’observance) est influencée par les mêmes facteurs. Leur prise en compte par les praticiens lors de la prescription et pendant la surveillance du traitement est la meilleure façon d’obtenir une bonne adhésion du patient à son traitement.

Écouter le patient sur ce qu’il a à dire de ses attentes, de sa compréhension des risques liés à sa maladie et de ses capacités d’engagement dans une démarche thérapeutique est le premier volet de cette prise en compte. Fournir toute l’information nécessaire est le second. Il suppose de prendre le temps qu’il faut pour « faire passer le message » des enjeux thérapeutiques. Enfin, lors de la surveillance du traitement, l’adhésion doit rester au centre des préoccupations du soignant. Des questions sur le « bienfait ressenti » ou, à l’inverse sur les désagréments permettent la reprise du dialogue et la relance des informations pertinentes. Dans ce contexte, l’accompagnement à la prise en charge du patient via un programme global de « coaching » personnalisé sur le Web et/ou avec le concours du kinésithérapeute est une opportunité à saisir.

 

Références :
Cet éditorial se réfère à 3 articles récents accessibles sur le Web dans leur intégralité.

Schneider MP, Herzig L, Hampai DH, Bugnon O.
Medication adherence in chronic patients: from its concepts to its management in primary care.
Rev Med Suisse.2013 May 15;9(386):1032-6. http://bit.ly/1yYoWsQ

Marks R.
Knee osteoarthritis and exercise adherence: a review.
Curr Aging Sci.2012 Feb;5(1):72-83.
http://bit.ly/1D5NSzl

Wallis JA, Webster KE, Levinger P, Taylor NF.
What proportion of people with hip and knee osteoarthritis meet physical activity guidelines? A systematic review and meta-analysis.
Osteoarthritis Cartilage. 2013 Nov;21(11):1648-59.
http://bit.ly/15vKp1E

Le Comité éditorial d’Arthrolink