L’imagerie dans l’arthrose : conventionnelle ou moderne ?

Edito du 06/01/2015

Dans l’arthrose, la radiologie conventionnelle est utile au diagnostic différentiel et l’imagerie moderne (IRM) est indispensable dans les études mais n’est indiquée en clinique qu’en cas de complications.

En 2010, l’EULAR a recommandé de s’appuyer sur 3 symptômes et signes cliniques pour faire le diagnostic de gonarthrose, sans passer obligatoirement par la case radiographie.
En réalité, des radiographies standard sont souvent programmées, ne serait-ce que pour écarter une autre atteinte articulaire. Après le diagnostic différentiel, il reste encore 3 raisons de faire des radiographies. Tout d’abord pour vérifier, notamment au niveau de la hanche ou du genou, qu’il n’existe pas un vice architectural à l’origine de l’atteinte articulaire. Ensuite, pour surveiller l’évolution des dégâts arthrosiques qui ne peut se faire sans « bilan de départ ». Enfin pour rassurer (et satisfaire) les patients qui ne comprennent pas qu’ils puissent souffrir d’arthrose sans « preuve » radiologique. Ainsi, les radiographies non indispensables se transforment en radiographies souhaitables et souhaitées.

Les apports de l’IRM résident dans les possibilités offertes par la résonance magnétique de mettre en évidence les phénomènes évolutifs de l’arthrose au niveau de toutes les composantes de l’articulation. Ainsi, la structure du cartilage peut être analysée finement si l’on s’en donne les moyens (puissance suffisante de l’IRM, acquisition des images en 3D et séquences particulières). Ainsi, les lésions sous chondrales sont repérées. Elles sont corrélées avec les douleurs et ont une valeur pronostique. Ainsi, le degré de sévérité de l’arthrose est quantifié par la mesure de l’épaisseur du cartilage ou par la prise en compte de l’atteinte de toutes les structures de l’articulation.
Au total, l’IRM est indispensable pour l’étude des mécanismes physiopathologiques et pour une meilleure compréhension de l’histoire naturelle de la maladie. En revanche, elle n’est pas indiquée en clinique sauf quand une complication de l’arthrose est suspectée. Dans ce cas, il est souhaitable que ce soit le couple rhumatologue-radiologue qui décide des séquences à programmer.

 

Références :
Roemer FW, Eckstein F, Hayashi D, Guermazi A.
The role of imaging in osteoarthritis.
Best Pract Res Clin Rheumatol. 2014 Feb;28(1):31-60.

Zufferey P, Theumann N. 
[Imaging in osteoarthritis]. 
Rev Med Suisse. 2012 Mar 14;8(332):557-8, 560, 562-3. 
http://rms.medhyg.ch/numero-332-page-557.htm4 (article en libre accès)

Hayashi D, Guermazi A, Crema MD, Roemer FW. 
Imaging in osteoarthritis: what have we learned and where are we going? 
Minerva Med. 2011 Feb;102(1):15-32
.

Le Comité éditorial d’Arthrolink